mardi 27 décembre 2011

Histoires d'antan

Je suis partie d'une petite chose futile, et je me suis retrouvée en train de rédiger un billet d'humeur...C'est ainsi, un blog !

Cette jolie planche de modiste date de 1942. Trouvée sur une brocante. Je vais l'encadrer et la placer au mur de mon dressing.





Les modèles régionaux sont pittoresques, les modèles parisiens et le coup de crayon ont conservé tout leur charme suranné.
Je n'aime rien tant que la mode de cette décennie, la simplicité et la féminité des coupes. Je possède quelques beaux vêtements d'époque, donnés par ma grand-mère, ainsi qu'un manteau acheté chez Mam'zelle Swing,à Paris, qui fait baver toutes mes copines (bientôt une photo, c'est promis).
J'aime en particulier le mélange de cotons lourds et empesés, très cintrés, de bas droits et simples, dans lesquels on se sent tenue et accompagnée à la fois, et de voiles aériens en haut. Je ne me lasse pas des photos des années quarante. Je me plais à penser que mon beau mais modeste manteau, qui valait un mois de petit salaire en ce temps-là, a peut-être été porté par une parisienne qui en resserrait les pans autour d'elle en écoutant crachoter la voix de Charles de Gaulle. Il est en parfait état. Les choses, alors, étaient conçues et entretenues avec soin, et j'éprouve parfois un étrange sentiment de nostalgie envers une époque que je n'ai pas connue.

Les récits des personnes âgées que je rencontre ici et là m'ont toujours intéressée, souvent touchée. Je me souviens encore d'un jour où, alors que je donnais du pain à des canards, une vieille dame ridée comme une pomme et minuscule vint s'asseoir sur le banc et engagea la conversation. Elle m'a raconté toute sa jeunesse, avec des détails vibrants et attachants, c'était mieux qu'un livre, mieux qu'un film.
Bien sûr, beaucoup de personnes âgées se montrent désagréables, intolérantes ou encore trop égarées pour raconter avec cohérence ou sans se répéter. Mais, depuis mon plus jeune âge, elles m'émeuvent. Et peut-être que si nous leur accordions davantage d'attention et d'estime, à ces vieux dont la société occidentale ne veut pas s'encombrer, à moins qu'ils ne soient liftés et dynamiques à tout prix, à ces vieux parqués ensemble ou totalement isolés, à ces vieux que l'on prive de facteur et de visites, à ces vieux qui savent que leurs lettres et leurs bises ont pour certains l'odeur de l'argent à venir, si nous leur montrions de l'affection, de l'intérêt, à eux tels qu'ils sont, si nous songions en les côtoyant que nous deviendrons comme eux, non pas avec crainte, mais avec compassion, au sens étymologique du terme, et que nous recherchions avec curiosité l'éclairage des passés individuels pour comprendre les hommes, et l'Histoire, et l'avenir, alors, peut-être qu'à leur tour, les vieux se redresseraient, pour redevenir des membres de la société à part entière.

J'en profite pour donner le lien vers l'une des chansons les plus émouvantes que je connaisse :

2 commentaires:

Cél a dit…

Comme je suis d'accord! Les vrais vieux objets, les vêtements, les meubles, les livres me fascinent, et j'imagine toujours les histoires qu'ils ont connues, les vies qu'ils ont croisées, les secrets qu'ils connaissent et qu'ils ne nous diront jamais.
Le mois dernier, j'ai vidé la maison de ma grand-mère, qui s'est endormie dans des draps neufs et épais d'hôpital. Les placards étaient pleins de tissus, de merveilles et d'horreurs, mais j'ai été frappée par le soin extrême avec lequel chaque chose avait été nettoyée, gardée, rangée. Le linge était bien plié jusque dans le fin fond du grenier et il sentait bon, les foulards étaient dans des papiers de soie, les chaussures soigneusement cirées. J'y pense souvent et quand je regarde les vitrines d'H&M et Zara, je me désole de la perte de la valeur du vêtement...
Quant aux discours des vieux, ils sont effectivement un trésor que l'on oublie trop!
Pour conclure, ta planche est une bien belle acquisition, je t'envie et te souhaite une excellente suite de vacances!

Ségolène a dit…

très belles illustrations ! Les bibis des années 40, il n'y a rien de plus joli, je trouve...