mardi 14 février 2012

Charme à l'italienne ?...

Dans l'ensemble, les défilés printemps-été 2012 sont décevants, à mon goût...
Dolce & Gabanna prouvent cependant que la parfaite robe noire à l'italienne, tout droit sortie du Soleil des Scorta, n'est pas morte...

source photo : madame.lefigaro.fr
En revanche, ils ont oublié deux choses :
- Une parfaite beauté italienne a des formes... Un peu de seins pour remplir ce magnifique bustier... (sans parler du reste, sinon je vais m'égarer).
- La star italienne a certes quelque chose de farouche, de sauvage, mais elle est expressive ; elle ose porter de larges sourires dévorants et sans peur, offrant aux regards ses dents éblouissantes et sa grâce virevoltante. Elle se nourrit de soleil écrasant et non de néons bleus.
Quand cessera cette mode détestable de la tête d'enterrement qui gâche le plaisir de la contemplation (le mien, en tout cas)? Ces "portemanteaux qui font la gueule en marchant", comme le disait Gerra en ses bons débuts, imitant Brialy. Quel plaisir, quel intérêt peut-on prendre à observer toutes ces femmes qui gomment soigneusement leurs expressions naturelles (et donc leur charme personnel) à l'instant où elles posent le pied sur le podium ? C'est pour qu'on remarque la robe plus que le mannequin ? C'est raté ! Une robe n'est-elle pas plus en valeur sur Gina, Sophia, Pénélope et leurs sourires sublimes, leurs âmes à fleur d'eye-liner, leurs formes de femmes, que sur cette fille anonyme, à la beauté réelle mais obscurcie par un long entraînement à l'inexpressivité ? Vous ne l'imaginez pas souriante ? Ah mais c'est vrai, pour cela, il eût peut-être fallu qu'elle se trouvât avec ses proches, dans la perspective d'une soirée agréable, et non repérée à 15 ans, emmenée loin, logée dans des chambres-dortoirs avec des filles qu'elle ne connaît pas, défilant dans des tenues d'une sensualité que son corps n'a pas encore apprivoisée, "jet-lagée" et fracassée par une semaine de la mode où elle travaille 18 heures par jour, dont 16 à attendre. Je caricature ? Lisez donc leurs témoignages. Des anglaises ont récemment pris le parti de créer un syndicat (une première).
Assister à un défilé ne m'a jamais fait envie...
Les silhouettes et les visages de la mode se sont mondialisés, uniformisés... Où est la diversité de la beauté féminine, sa célébration dans tout cela ? C'est comme cela que je ne vois plus la robe. Même la plus belle des étoffes ne peut faire oublier la maigreur effrayante, les muscles saillants, les genoux cagneux, et les visages cadavériques de la majorité des mannequins de podium, surtout dans les défilés d'été où elles sont moins "couvertes" :


N'est-ce pas ridicule et affligeant, ces bustiers, ces shorts vides de chair ? Des cannes de cigogne... C'est très beau, une cigogne... mais pas en Dolce & Gabanna ! ;-)
Le débat n'est pas de savoir si cette maigreur leur est naturelle ou non ; dans tous les cas, elle n'est pas représentative à elle seule des femmes, loin de là.
A bas les diktats ! Vive la mode diverse, libre, exigeante en matière de couture et non d'âge ou de régime ! C'est à eux, les créateurs de génie, d'être capables de sublimer n'importe quelle femme, quel que soit son type de beauté, à l'image d'un grand peintre ou d'un grand photographe.

C'était encore un billet d'humeur... Et vous, qu'en pensez-vous ?

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Depuis quelques années, j'ai acquis plutôt involontairement un état de maigreur avancé.
Au début, il m'enchantait, parce qu'on rêve toutes de voir les bourrelets disparaître, de se regarder de profil sans trouver de ventre, de pouvoir essayer n'importe quel vêtement de catalogue.
Je me suis donc installée dans la minceur, puis la maigreur, comme d'autres s'installent dans un nouvel appartement, envié pendant des années. Mais j'arrive au stade où je dois adopter la démarche inverse, et, à l'heure où toutes cherchent à maigrir, je dois prendre du poids. Je suis un tas d'os, à 5kg de l'IMC normal, j'ai 5 kg à prendre. Minimum. C'est à la fois une ordonnance de médecin, un conseil d'amis et un désir d'amoureux. Une aubaine? Si tout était si simple...
Cette image de mannequin-cigogne, elle envahit les magazines et les écrans. Cette allure de squelette, je la trouve affreuse, parce qu'elle est désormais un miroir, mais je ne peux m'empêcher de la voir comme une norme. Des 34, des 34, et encore, parfois le 34
m'est trop grand. Si ces 5 kg sont une marche si haute, c'est un peu par manque d'appétit, mais c'est beaucoup par difficulté de renoncer à ce nouvel appartement, qui épate les inconnues, qui fait des envieuses, que chaque publicité, chaque image publique, chaque magazine veut nous aider à acquérir. Un déménagement, c'est toujours un déchirement. Pourtant, cet appartement, il est décidément trop étroit pour rendre heureux...
Merci de réaffirmer que ces images matraquées montrent une beauté, celle du vêtement, mais une laideur aussi, celle du corps inacceptable.
Quant au manque de sourire...Ce n'est qu'un point d'orgue à cette laideur!
Bien amicalement, sans régime sans sel :-)

Manon Naïs a dit…

Chère anonyme sur le point de déménager, merci pour ce beau témoignage et cette si juste métaphore immobilière.
Je sais que certaines femmes sont anormalement minces naturellement (j'en connais une), d'autres par divers facteurs qu'elles essaient de combattre. Je ne les juge ni ne les combats, je sais que c'est difficile et que leur souffrance passe souvent pour de la mauvaise foi, au pire, et de la maladresse envers les filels trop rondes, au mieux. Alors que le problème est aussi douloureux intérieurement dans les deux sens. Ce que je juge et combats, comme tu le dis, c'est que cette souffrance soit érigée en modèle et incitée chez les jeunes filles apr ceux-là mêmes dont le métier est d'embellir les femmes !
Courage dans ta petite lutte à toi, j'espère qu'à chaque fois que je perdrai l'un de mes 5 derniers petits kilos à perdre (pour être juste bien), tu en prendras un. je suis certaine que l'amour et la volonté te permettront de trouver un nid à ta taille, ni étriqué ni
démesuré... A bientôt sur ce blog !

Cél a dit…

Merci de ces paroles compréhensives pour cette mystérieuse anonyme...
Une fille légère, pudique mais confiante...
Une gourmande en convalescence!
Bien amicalement.