dimanche 12 février 2012

Petit billet d'humeur anti-tussif

Le 4 février dernier, j'ai assisté, dans le cadre de la Folle Journée de Nantes, à un concert que j'attendais avec impatience depuis des semaines : l'orchestre de Varsovie, accompagné de l'excellent pianiste coréen Kun Woo Paik. L'orchestre fut exceptionnel de précision et d'émotion. Au programme, l'une des partitions que j'aime le plus au monde : le concerto n°2 pour piano de Rachmaninov. Je vous joins ici un extrait joué par l'ange russe Kissin :

(et un petit bijou en introduction : la danse des roses de Casse-Noisettes).


Eh bien, notre plaisir (oui, j'étais accompagnée) et celui de nos voisins a été grandement gâché, d'abord, brièvement, par deux vieilles bavardes qu'un "chhhhh" a rapidement fait taire, mais surtout, surtout, interminablement, par une jeune et bourgeoise tousseuse.
Franchement, sincèrement, du fond du coeur même, ce concert que j'attendais depuis si longtemps, si j'avais été en état de tousser toutes les cinq secondes pendant une heure (longues quintes bruyantes accompagnées de coups de genoux dans mon siège), j'y aurais renoncé. Les gens n'ont-ils donc aucune conscience d'autrui ? Question absurde, la réponse est non, bien sûr. Cela se saurait, si "les gens" - j'emploie cette expression abstraite et généralisante à dessein, oui, car ils nous envahissent, nous noient et nous oppressent,  tous ces gens qui se garent sur deux places, ne mettent pas leur clignotant, ne se lèvent pas pour laisser leur place aux personnes vacillantes dans les transports en commun, montent le volume de leur musique au point que tout le wagon en profite, etc. - cela se saurait, donc, si la majorité des spécimens humains faisait passer son intérêt après celui des autres, quand bien même ces autres seraient nombreux. Dans la plupart des concerts classiques retransmis à la radio ou enregistrés que j'ai pu écouter, on entend un ou deux tousseur(s).
Mais comment la faire sortir, cette maudite, sans gêner voisins et surtout musiciens ? On ne fait pas quitter la salle à quelqu'un d'un simple "chut", ça s'accroche, les parasites, ça peut même hausser la voix.
Alors, je me suis penchée en avant, et je me suis plongée à corps perdu dans la musique pour occulter tout le reste. J'y ai plus ou moins bien réussi. Mais quelle frustration...
A bas les tousseurs de concert ! Pour conclure à la manière de Charb dans ses Fatwas, je crois que vous en conviendrez avec moi, cette engeance doit être condamnée à passer l'éternité ligotée sur une chaise, devant un orchestre jouant Les Quatre saisons de Vivaldi, deux personnes toussant et crachant dans ses oreilles, en bourrant son dossier de coups de genoux.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Concerto nµ° 2 pour piano de Rachmaninov, tu es sûre?
Je l'aurais raté sur Arte? Parce que moi, je n'ai pas eu la chance d'assister à un concert des folles journées de Nantes.

Manon Naïs a dit…

Oui oui je suis sûre, mais il ne fait pas partie de ceux qui ont été diffusés sur Arte. C'était le samedi 4 à 17H30.

Anonyme a dit…

Bravo et merci pour ce coup de gueule !
Je ne pensais pas être la seule, à être irritée par ces sans-gêne, mais j'avais tendance à croire, du fin fond de ma province, que ces "phénomènes" s'observaient moins dans les grandes ville. Ce billet me rassure et me désole à la fois tant ce type de comportement tend à se généraliser.
Odile

Manon Naïs a dit…

La prochaine fois, on la prend par surprise, on la bâillonne et on la porte jusqu'au hall :-).