lundi 10 mars 2014

Séances de rattrapage

A Paris, j'ai pu aller deux fois au cinéma en une semaine : miracle, je n'en reviens pas moi-même...

La première fois, dans une gigantesque salle d'UGC, pleine jusqu'au dernier fauteuil, pour voir The Grand Budapest Hotel.
Je dois avouer qu'au milieu de centaines de personnes chargées en pop-corn et emballages de toutes sortes, bavardant autant pendant les bandes annonces que les publicités (honteusement mêlées en vrac), j'ai eu un peu peur. Et pourtant : pendant le film, il n'y eut pas un bruit, pas même un micro-bruit, et pas une sonnerie de téléphone. Comme quoi à Paris ils ne sont vraiment pas comme ailleurs. Ce qui ne veut pas dire que je vais nourrir trop souvent ce genre de cinémas... C'était en VOSTFR, quand même, hein... et heureusement, car ce film est un joyeux pot-pourri de nationalités. 
Et cela convient parfaitement au plaisir du délire rétro-kitsch dans lequel Wes Anderson mélange les genres aussi parfaitement qu'on peut le souhaiter. Parodies variées, du film d'espionnage au film d'horreur, théâtralisation, meurtres atroces traités au second degré, courses-poursuites, comique de répétition et de situation, évasion improbable, effets spéciaux à la manque, musiques joyeusement folkloriques, dialogues philosophiques soudainement interrompus, rythme endiablé, tragédie de l'Histoire tout juste évoquée de manière fantaisiste et pourtant pesante, casting ébouriffant, photographie et couleurs magnifiques... tout est réuni pour passer un excellent moment de cinéma, en compagnie d'acteurs qui se font visiblement plaisir (des "stars" dans des rôles de trois minutes, Brody en grand méchant stupide, Dafoe en grand méchant beaucoup plus méchant - et impressionnant).
Et ne sous-estimons pas le délire : de ce tourbillon émergent des qualités humaines et des idéaux qui vont droit au coeur du spectateur.
On retrouve un peu l'humour, le rythme et les décors hors du temps du Darjeeling limited, mais ce film me semble beaucoup plus abouti. Et un premier grand rôle pour Tony Revolori, 17 ans : très prometteur !! 


L'autre film fut Only lovers left alive de Jim Jarmusch : 6,50 euros la première séance du jour, au MK2 Bibliothèque... Magique, à huit dans une très grande salle. Là, je pense que ma chère Iliana du blog A quatre mains postera un compte-rendu détaillé, aussi me contenterai-je de dire que je l'ai trouvé envoûtant, en particulier par la musique, la beauté des images et le jeu des acteurs. Il est fait pour vous si vous aimez les films lents, le rock, la littérature et les marginaux, et si vous n'appréciez pas les films de vampires habituels. J'ai toutefois trouvé que l'aspect onirique et contemplatif n'était pas poussé jusqu'au bout et que les péripéties plus traditionnelles se raccordaient mal à l'esprit de l'ensemble, devenant presque inutiles ou téléphonées (et puis le gros cliché du mystère Marlowe/Shakespeare, bof). Mais cela reste un excellent film. Je ne mets pas le lien vers la bande-annonce que je n'aime pas, mais un peu de musique pour laisser naître l'atmosphère du film:


 Bonnes toiles !

1 commentaire:

Cél a dit…

Oooh, the grand budapest hôtel, nous rêvons d'aller le voir! Croisons les doigts pour qu'il passe en VO dans notre petite campagne. Nous avons la chance d'avoir un cinéma tout neuf, à 5 minutes de chez nous, c'est un vrai luxe...pour peu qu'il y ait des séances en VO, ce sont de toutes petites salles toutes confortables! Nous sommes allés voir "12 years a slave", nous sommes ressortis mi-figue, mi-raisins : tout y est un peu attendu, un peu convenu, presque trop oscarisable...Mais un grand grand film quand même, c'est sûr! Quant au deuxième, je ne connais pas, ça promet! Ah, je voudrais aussi voir "Her"... Pff, il n'y a pas assez de soir dans une semaine! ;-)