vendredi 6 mars 2015

Vincent n'a pas d'écailles

Thomas Salvador a fait de son court-métrage un long-métrage. Je lui donne cinq étoiles ! 
78 minutes d'artisan, qui sait mettre de la magie dans les petits riens. 

Voilà un OFNI délicieux, un petit bijou qui me marque d'autant plus qu'il ne se prend pas au sérieux. 
Quel rafraîchissement. Un film au scripte économe, tout léger, tout décalé, drôle et grave dans sa drôlerie, rationnel et fou dans sa raison, désinvolte et sérieux dans sa désinvolture, doux et sensuel comme "la caresse la plus longue du monde" (rien que pour cette séquence restée imprimée sur ma rétine, il en vaut la peine). 


J'ai passé la séance en lévitation, tant les gorges du Verdon, leur beauté, leur chaleur et leur fraîcheur crèvent l'écran. 
Quant au couple, il est si naturel, si juste et réjouissant... J'en connais de célèbres qui pourraient en prendre de la graine...

Ce film m'inspire des triades d'harmonies...
Merveilleux, poétique, et tendre
Timide, audacieux et paisible
Essoufflé, mouillé, ensoleillé
Aquatique, minéral et charnel

S'amusant des codes des films de genre (super-héros, course-poursuite, comédie romantique) et les dépassant tous avec une patte magique !

Libre, libre, ce film est plein d'air et de liberté. La caméra même filme avec finesse, mais se fait oublier, jamais on ne se dit "tiens, c'est un beau plan", et pourtant tous les plans sont beaux. N'est-ce pas une marque certaine du talent ?

Il est temps de prendre un bain de Jouvence, au moins au cinéma ! 

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