jeudi 9 avril 2015

Grégoire Korganow à l'ombre de la République

Je reviens d'un grand week-end parisien, et une mauvaise manipulation m'a fait perdre toutes les photos prises avec mon APN... J'avoue être un peu dépitée, mais en attendant de voir si j'arrive à les récupérer (là, je doute), il me reste celles de mon téléphone, et notamment ces photos des photos de Grégoire Korganow exposées (c'était le dernier jour) à la Maison Européenne de la Photographie, instantanés saisis dans des prisons françaises non nommées (mais parfois identifiables) : photos simples et frappantes, sans grands effets mais très bien composées, poignantes et parfaitement réalistes. De petits panonceaux rappellent quelques informations essentielles sur l'organisation de l'univers carcéral français : j'y ai retrouvé les premières choses que j'ai apprises lorsque je faisais partie du GENEPI (Groupement étudiant national d'enseignement aux personnes incarcérées), même s'il manquait quelques éléments importants, notamment sur les consultations médicales, là-bas, dans ces mondes tout proches et si lointains.

Les visages sont détournés, cachés, floutés ; les corps et les postures, pris entre des lignes trop droites et un temps compté, entre le gris et le sale, perdus dans des espaces trop nets ou bien en décomposition comme leur vie, parlent et se rejoignent en une même misère, entrecoupée de moments d'oubli toujours trop rares, grâce aux phares dans la brume que sont les parloirs et les puits de lumière. La télévision et le sport restent les drogues autorisées les plus pratiquées, bien que d'autres trouvent toujours le moyen de circuler...

















Grégoire Korganow a travaillé sur le documentaire A l'ombre de la République, sorti en 2012, à voir, vraiment. Ses photos parlent, en connaissance de cause. Que peut-on y ajouter ? Le problème sans fin de l'enfermement des êtres "dangereux", et de la validité de l'incarcération comme sanction, ne sont pas près d'être résolus. En attendant, des conditions décentes, ce serait pas mal.

[J'ai été moins convaincue par ses clichés père/fils, trop figés, trop posés. Ce sont les reportages qui lui réussissent le mieux, je trouve.]

A la MEP, il y a toujours quelque chose à voir, et de nombreuses projections lors de programmations thématiques... mais difficile d'en profiter sans habiter Paris !

1 commentaire:

Chloé a dit…

Oui, définitivement le pays des droits de l'homme...