dimanche 27 mai 2018

Cyclades, "Decalbum" n°3 : Ovins d'Amorgos, portraits

Bon ok, 14, pas 10, mais avouez qu'ils ont des trombines et des regards qui méritent le détour !






 Alors lui... Lui, je l'aime. En plus, il a une échine chapeau.





 Ou quand la barbiche et l'angle donnent une chèvre bicéphale...





mardi 22 mai 2018

Amorgos, Santorin, Milos, "décalbum" n° 2 : Plantes

 1) Citronnier

 2) Coquelicot Soie rouge

 3) Cactée (mais laquelle ?)

 4) Dracunculus vulgaris

 5) Pissenlit géant

 6) Bougainvillier

7) Qu'est-ce ? Sur la côte volcanique de Milos... Je n'en ai pas vu d'autre, serait-ce rare ?
En aurai-je, grâce à vous, le cœur plus net que la photo ?

8) Kezako ? Cette espèce de bruyère (??) se développe en émergeant du sol à l'horizontale. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve qu'elle forme une très belle composition.

9)Une autre magnifique inconnue...

 10) A Santorin, la vigne pousse à ras de terre, et la souche est peu à peu tressée par le vigneron, pour former un creux au sol qui protège les grappes des éléments et capte l'eau.

11) Une autre cactée bonus, comme un petit soleil extraterrestre

Pour les arbres, attendre l'article balades... :)

jeudi 17 mai 2018

Grèce en vue : Amorgos, Milos.

Je n'ai pas "fait" des îles grecques (erk), mais deux îles m'ont défaite, fêtée, refaite.


J'ai retrouvé mon corps, quelques muscles qui dormaient. L'oxygène, la couleur, l'air. L'énergie.
Aimer le vide, la faim, le vertige même, puis se nourrir vraiment, d'aliments frais et sauvages, des herbes, du sésame, du fromage de brebis caressées en route.


J'ai repêché péniblement quelques mots anglais qui s'étaient égarés dans les tréfonds de mon cerveau reptilien, et appris une poignée de mots grecs, répétés tout le jour avec délectation.
Le dernier jour, à l'aéroport, une vendeuse m'a noyée sous un flot de grec, et puis m'a dit "oh pardon, vous avez dit gia sas avec un accent si parfait que je vous ai crue grecque". Quel plaisir de la croire, dans ce départ pénible, parce que c'était là que j'avais envie de rester, que je n'en avais certainement pas assez, que les heures dans un aéroport mondialisé climatisé, après ça, étaient au bord de l'insupportable. La prochaine fois, je mettrai l'Italie sur mon chemin, je prendrai le train puis le bateau. C'est vrai que l'avion, c'est un peu magique, mais... en même temps c'est l'inverse de la magie.

Je me suis baignée nue, seule, seule, seule à rire de solitude heureuse.

J'ai grimpé des dénivelés jusqu'à ne plus pouvoir marcher le soir venu, discuté avec des chèvres, saoule de vent, de soleil, d'iode - et de vin blanc.


Je me suis dit tous les jours que le jour suivant serait forcément moins idéal, et tous les jours Milos et Amorgos m'ont détrompée.
J'ai conversé avec des gens qui donnent le sourire.
J'ai tendrement aimé les mamies qui vous lancent un énergique "Yasssss", et les papous dont les "kalimera" sonnent comme une chemise qui sèche au soleil.
Je n'ai pas osé les prendre en photo, parce que je manquais de temps pour apprendre à les connaître.
J'ai savouré cette langue vive et douce, et la musique du Meltem.
J'ai fermé les yeux de bonheur cent fois par jour.
J'ai caressé des ânes livrés à eux-mêmes, et des coquelicots soyeux.
J'ai oublié le reste du monde, les écrans, mes pieds meurtris.
J'ai mangé des œufs très jaunes devant une mer très bleue.
J'ai humé la fleur d'absinthe et arpenté des sculptures de lave.

J'ai admiré des chats, j'en ai plaint d'autres.

J'ai vu Sarakiniko sous la pleine lune, mouillée dans son étrange douceur. Vision inoubliable, qui me berce encore.
J'ai retrouvé ma garrigue et mes oliviers de toujours, et même mon petit duc, semblables et différents.

Je me suis cachée pour écouter une messe, filmer un crabe.

J'ai apprivoisé l'oppressante Thira (Santorin).
J'ai aidé à nettoyer une plage, et pris plusieurs milliers de photos, pour essayer des réglages encore bien maladroits, pour le plaisir de reposer mon œil ébloui contre un support.
J'ai bu, en bonne compagnie, des bières grecques parfumées à ma sueur parfumée à l'origan.
On m'a offert une quantité indécente de repas, de verres, de fruits, et les séances d'autostop les plus faciles qu'il soit possible de rêver.
J'ai redécouvert la couleur bleue, que j'aimais mal.
Je me sentais sans cesse débordante de joie et de reconnaissance, comme un scout sous ecstasy.
J'ai dormi sur d'excellents matelas, posé ma peau trop chaude sur des draps rafraîchis par la pierre des murs.
Je me suis baignée sur la lune.

J'ai regardé le soleil se coucher, encore et encore.
Je me suis souvenu de ce qu'est le silence, et que les vagues, c'est encore du silence.
J'ai cru que le voyage ne prendrait jamais fin, et j'ai le mal des îles.
Amorgos, Milos.
J'y retournerai longtemps, longtemps, avec du papier à lire et à écrire, même les mois humides et venteux, quand il ne restera presque plus personne, et que les clochettes se seront tues, et que je serai sûre de ne plus croiser que des Grecs. Je retournerai à Amorgos pour ramasser des plantes avec Vangelis. Je retournerai à Milos pour faire du bateau avec Andreas et des photos avec Dimitris, et revoir Nikolas et Julia les musiciens, et Marion la française qui épousa la Grèce, s'ils sont encore là.

Et, bien sûr, je verrai d'autres îles.

Je n'ai même pas lu, hormis un roman de Jack London qui décrit un lieu et une femme de rêve, parfait pour un tel voyage : La Petite Dame dans la grande maison.


Je vais partager ici quelques photos en plusieurs fois, sous forme de "décalbums" à thème.
Certaines bonnes adresses, expériences et considérations générales viendront un peu plus tard, quand je serai sortie de l'enchantement qui continue à m'habiter.

1 : BLEUS














vendredi 13 avril 2018

Les Hollandais à Paris (Petit Palais 2018)

Le Petit Palais consacre, jusqu'au 13 mai, une exposition qui retrace le travail des peintres hollandais attirés par la ville-lumière, centre des feux artistiques, que fut Paris de la Révolution française à la Première guerre mondiale.

Dans l'ensemble, c'est une exposition dont je retiens peu de toiles : soit je n'ai pas spécialement aimé les artistes présentés, soit les œuvres étaient assez mineures ou peu nombreuses par rapport à ce que j'espérais, notamment concernant Van Gogh et Van Dongen.
De ce grand peintre fauve manquait notamment le Portrait de Guus Preintinger, disparu depuis la première version de l'exposition, en Hollande.
La salle qui lui était consacrée offrait toutefois deux belles scènes de danse qui nous rappellent que le tourbillon parisien n'était pas que pictural, et que Matisse est passé par là :

Danseuse indienne

 Souvenir de la saison d'opéra russe 

ainsi qu'une belle série de 1906, illustrant les recherches de Van Dongen (en écho avec Sluijters) sur la lumière électrique et les tourbillons de la fête du Moulin de la Galette et d'ailleurs, bel exemple de cette touche si intéressante, faite de sortes de pétales creux, le pinceau appuyé pour repousser la peinture vers les bords.


Le Lustre

Le Violoncelliste (intéressant décadrage...)

La salle la plus marquante pour moi est celle consacrée à Breitner, peintre méconnu que j'aime énormément, et qui vaut à elle seule le déplacement.

George Hendrik Breitner (1857-1923) est un peintre et photographe célèbre dans son pays, beaucoup moins chez nous. Ses œuvres "parisiennes" (issues de ses deux longs séjours dans la capitale française), peintes entre 1884 et 1890, sont particulièrement puissantes, et ne dépareraient pas la couverture d'un Maupassant ou d'un Zola - les naturalistes fascinaient le peintre, de même que son comparse Van Gogh.
Breitner découvre à Paris la peinture réaliste et impressionniste. Il est particulièrement touché par Degas et Manet.
Toutefois, il portait déjà en lui une grande force expressive et spontanée, comme en témoigne cet autoportrait de 1882.

Il réalise sa propre fusion de diverses influences, de l'orientalisme à l'impressionnisme, du réalisme à Rembrandt. Il semble même se rapprocher parfois de la puissance expressionniste qui naîtra plus tard.
Quoi qu'il en soit, ses toiles variées et singulières le feront rapidement entrer dans l'avant-garde hollandaise.
Pour ma part, les multiples facettes de son talent me laissent sans voix. Voici quatre toiles à admirer dans l'exposition ; si elles vous plaisent, je vous invite à en découvrir d'autres sur Internet, et notamment Pinterest.

Le Cheval de Montmartre, 1884 (une toile naturaliste, à n'en pas douter ; la présence fantastico-réaliste de ce cheval en piètre état, en clair-obscur, est saisissante). 

Nu allongé, 1888

Femme debout, à moitié dévêtue, vers 1889 

Le Kimono rouge, 1893 

Enfin, petit coup de cœur pour une toile toute simple d'Anton Mauve :


Chevauchée matinale sur la plage, 1876

Un sujet mondain, rare pour ce peintre de l'école de La Haye qui s'est surtout consacré aux travailleurs modestes.
Je l'aime pour les robes des chevaux, la lumière de la mer du Nord et la posture du cavalier de gauche, dans laquelle je retrouve tout de suite les sensations des promenades décontractées.

Voilà, la première expo de la saison pour moi, qui sera suivie de bien d'autres de mai à juillet, car de nouvelles se sont ajoutées à la liste, en particulier "Mondes Tsiganes" au musée de l'histoire de l'immigration et "Ames sauvages, le symbolisme dans les pays baltes" à Orsay, et une double exposition à La Maison Rouge.

Bons bains de culture à tous, et à bientôt pour partager les joies de mon voyage grec.
Un beau printemps.