lundi 28 novembre 2011

Cliché ?

Doisneau a dit un jour, en réponse au reproche que ses photos sentaient parfois la mise en scène : "Le monde que j'essayais de montrer était un monde où je me serais senti bien, où les gens seraient aimables, où je trouverais la tendresse que je souhaite recevoir. Mes photos étaient comme une preuve que ce monde peut exister."
Et cette photo, on l'a peut-être trop vue, trop publiée, et pourtant... ce baiser instantané, cette composition volée, cette époque, l'élégance masculine décontractée et terriblement sensuelle de cet homme, ces trois mains si vivantes... Non, moi, je ne peux me lasser de ce cliché !

Robert Doisneau, Le Baiser de l'Hôtel de ville, 1950
Ceci dit, Doisneau a pris de nombreux clichés bien loin du quotidien parisien (mode, actualité, industries, voyages...) ça vaut le coup de se pencher d'un peu plus près sur son oeuvre !

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Et non, il ne s'agit ni d'un instantané, ni d'un baiser volé. Doisneau avait rencontré ces amoureux à la terrasse d'un café. Apprenant qu'ils s'essayaient à la comédie, il leur a demandé de poser pour lui. Ceci est donc une mise en scène. Mais qui s'en plaindrait ? le résultat est là ! naturel, sensuel, une parenthèse au milieu des passants.
Odile

Manon Naïs a dit…

Eh oui, Odile, c'est justement ce que je disais en citant sa réponse au reproche qu'on lui faisait sur ses "mises en scène". Car attention, j'ai dit composition volée, et baiser instantané :-) C'est à dire que la composition, le cadrage donnent vraiment cette impression de dérobée. C'est du grand art de parvenir à restaurer cette spontanéité après l'avoir préparée, c'est justement cela son génie, et ceux qui lui ont fait ce reproche n'ont rien compris ! Il dévoile l'essence des êtres grâce à du factice, de la mise en scène, une sélection choisie de ce qu'il va montrer. Tiens tiens, ça me rappelle les théories d'un certain Maupassant...