dimanche 12 mai 2013

Festival Tempo (piano classique), Le Croisic : concert du 10 mai avec Vanessa Wagner

Vendredi soir, je suis donc allée voir un concert du festival de piano classique Tempo, au Croisic. 
Il se déroule dans l'ancienne criée : il y fait un peu frais, mais la programmation est belle, les places raisonnables (16 euros) - attention pour l'année prochaine, si l'envie vous prend : les places partent très vite ; je voulais y aller jeudi, raté -, l'acoustique bonne (sauf si la pluie se met à marteler le toit...mais elle eut le bon goût de se cantonner à un entre-deux), le champagne offert à la fin du concert, et le cadre extérieur donne l'envie de rester sur place un peu plus qu'une soirée, ce que j'ai fait.
Le piano, dans sa brillante beauté d'ébène, attendait normalement les mains de Bertrand Chamayou pour un programme romantique à souhait : Schubert / Liszt.
Au lieu de quoi, suite à une blessure de l'artiste, nous eûmes Vanessa Wagner, dont le toucher exceptionnel a servi un beau programme-surprise. 
Ce programme m'a d'abord permis de découvrir une compositrice méconnue aujourd'hui, bien que reconnue par ses contemporains masculins (Bizet, Saint-Saëns, ...) : Cécile Chaminade. C'était la sonate opus 21. Il n'y a rien de bien folichon sur Youtube : je partirais bien à la recherche de disques, parce que c'était très beau.

Ensuite, les Estampes de Debussy : un régal de légèreté et de modernité. J'adore les concerts pour cela : l'impression que l'on n'avait jamais vraiment écouté un morceau jusqu'alors, soit que ce soit vrai, soit que la présence charnelle et magnétique de l'instrument et de l'instrumentiste en révèle tout à coup mille nouvelles facettes. Il y en a une belle version par Davide Cabassi sur Youtube.

Puis un peu de Ravel, mais l'avouerai-je... Ravel m'a toujours laissée de marbre. Il ne me fait ni chaud, ni froid... et même ce concert n'a pu changer cet état de fait. J'attends encore une possible révélation.

Mais ensuite et pour terminer, Chopin... le compositeur le plus cher à mon coeur, celui qui me donne l'impression d'avoir choisi chacune de ses notes pour mieux me faire vibrer... Toujours si léger, dans ses joies comme dans ses mélancolies... L'andante spianato, que je n'écoute presque jamais, m'a tiré des larmes... Je ne l'ai jamais entendu si beau, si aérien. L'ensemble Pink Martini s'en est d'ailleurs inspiré avec une belle reprise au début de son titre La Soledad.

Et en rappel, devinez quoi ? Le moment musical n°3 de Schubert, et larmes doucement montantes, doucement coulantes, bis.

Une bien belle soirée dans une assistance parfaitement silencieuse, pas un bruit, ni grattement de chaise, ni toux, RIEN, et une ambiance pourtant chaleureuse et détendue. Bravo aux organisateurs.

1 commentaire:

Iliana a dit…

Voilà un programme qui fait bien envie...

Vous avez eu de la chance dans le remaniement du programme (non pas que Schubert et Liszt ne constituent pas un bon programme, mais justement au contraire, la proposition alternative aurait pu être décevante), ça devait être très beau...

Et le cadre du concert est tellement joli que ça devait être magique !

Par contre, pour Ravel, je ne peux pas imaginer que ceci te laisse de marbre (oui, j'y vais par les sentiments, c'est Hélène Grimaud) :
http://www.youtube.com/watch?v=5Fpim9AanqI

En plus, c'est une des rares pièces que l'on peut travailler en se disant : "Waaaaaah... j'arrive à peu près à jouer un mouvement d'un concerto de Ravel!!" (enfin, ça c'est pour les "pianistes" comme moi, hein, y'en a sûrement plein pour qui ce n'est pas une grande victoire ^^)