dimanche 10 novembre 2013

Sur le chemin de l'école



Me voilà toute bouleversée par ces enfants et cette extraordinaire musique de Laurent Ferlet, interprétée par l'orchestre de Bulgarie.  Je crois que je vais l'écouter en boucle dans les jours qui viennent. Mais il n'y aurait pas de CD??
Mais une immense frustration : alors même qu'il y a très peu de dialogue, mon fichu miniplexe de province profonde le passait en VF. Résultat : des patagoniens, des kenyans, des marocains et des indiens qui parlent français... Pffff.... Quel gâchis.  Alors qu'ils ont de si belles voix.  Ca m'apprendra à avoir la flemme de gagner la grande ville.
Sur allociné, la bande annonce en VO et quelques autres vidéos à ne regarder qu'après avoir vu le film, pour ne pas déflorer la découverte... 


Le film est très contemplatif : pas de commentaire (heureusement : ce que font et disent les enfants, les parents est déjà si édifiant qu'ajouter un commentaire aurait passé pour de la moralisation...), beaucoup de plans  fixes sur des paysages incroyables, de gros plans sur ces enfants bien loin de nous, et pourtant...  Emouvants, drôles, si mûrs au regard de leur âge, dans leur attention à l'autre, dans la conscience qu'ils ont de leur chance d'avoir un entourage ouvert qui ne leur interdit pas l'instruction, qui les pousse, dans leur désir profond d'aller plus loin sans renier ce qui les entoure : c'est cela surtout qui touche.
Ne reste qu'à espérer qu'au-delà du seuil de l'école sur lequel on les laisse, l'enseignement prodigué et la découverte du reste du monde les élèvera sans trop les changer, sans trop les formater, les uniformiser, les moderniser.
Ce film est un voyage qui tisse des liens étonnants : aux quatre coins du monde, les mêmes rituels, la même protection par la foi familiale et religieuse, ... A l'école, on apporte son eau et son bâton pour le feu, des biscuits troqués contre une poule, une petite soeur, un grand frère... A l'école, on y va en courant, en faisant du stop, du cheval, en fauteuil roulant improbable fait de bric et de broc, mais on y va, et on sait pourquoi. Chaque scène est choisie avec un soin et une tendresse qui nous emportent immédiatement. 

Il ne s'agit pas de s'en servir pour dire à nos petits occidentaux de prendre exemple : eux, ils sont de l'autre côté du rêve, souvent saturés, blasés, défaitistes comme les adultes qui les entourent et que l'instruction moderne n'a pas préservés de l'enlisement. Mais on peut le leur montrer pour le plaisir, pour les ouvrir sans misérabilisme contre-productif à ce tiers monde si méconnu, finalement, globalisé lui aussi dans la géographie et l'histoire scolaires, dans les conceptions politiques internationales. Pour leur suggérer qu'on peut toujours rêver mieux, rêver de beauté et d'aventure.

A voir par tous, sur grand écran si possible (paysages à couper le souffle - Patagonie, mont Atlas, savane - et solitude vertigineuse de ces petits d'homme minuscules dans l'immensité) 

Si le thème vous intéresse, on peut regarder en intégralité sur Youtube une série de documentaires diffusés par Arte sur le même principe : Népal, Kenya, Pérou, Sibérie, Himalaya - et c'est là que l'on se rend compte, après avoir vu le film, que les commentaires sont superflus...

4 commentaires:

Anonyme a dit…

J'ai bien aimé ce film également même si je trouve qu'ils sont trop restés en surface, j'aurai aimé en savoir plus, notament sur le genre d'école qu'ils fréquentent ou tout bêtement ce que deviennent les biscuits échangés contre la poule, c'est pour toute la classe ? c'est pour qui ?
Sinon, pour la VO, je suis allé au gaumont où pourtant ils passent des films en VO et là... VF, je me suis dit que c'est parce qu'ils visent un public enfant qui ne sait pas ou ne veut pas lire les sous-titres... donc pas de regret quant au choix de ton ciné...
bises
Amy

Manon Naïs a dit…

Merci Amy mais je savais où aller le voir en VO :-)
Juste qu'à force d'attendre, j'avais peur de le manquer (encore)...
C'est vrai que c'est un peu frustrant, mais je le perçois vraiment comme un choix : comme dit l'autre, ce qui copte ici n'est pas le bout du chemin, mais le chemin ; les écoles sont probablement très imparfaites, avec des enseignements orientés ici ou là ; mais il y sont, et on s'arrête là, avant d'éventuelles déceptions !

Iliana a dit…

Ah, j'avais repéré ce film, tu donnes très envie d'y aller...
Il faut que je fasse attention aux horaires et séances avant qu'il ne passe plus !

Manon Naïs a dit…

Ca fait dix fois que je regarde la bande annonce depuis hier et que j'ai les larmes aux yeux toujours au même moment : cette musique, les souvenirs du film... c'est magique, l'émotion heureuse sur commande (comme avec Schubert...)