mercredi 10 septembre 2014

Des chevaux et des hommes

Une séance ciné datant de cet été, je suis en retard !
Pour cette fois, un film islandais... déroutant... exotique... ahurissant... drôle et choquant à la fois, tant la culture et l'humour nordiques sont à part.

Comme un pur produit islandais, ce film transhume au curieux rythme de l'amble, trottant d'un humour noir cruel à la satire des esprits étriqués, des credo nobles ou ridicules, dans le souffle rude et sauvage d'une vallée tout ensemble belle et désolée.
 Le réalisateur Benedikt Erlingsson (dont c'est le premier long métrage) semble placer tout ce monde de regards sous son oeil à lui, avec un détachement apparent qui n'empêche pas l'affection. Le tout est très bien filmé, mais on pourra regretter que le film soit un trop fragmentaire et laisse un goût d'inachevé (il ne dure qu'une heure vingt, et aucun personnage n'est creusé en profondeur). Toutefois, le fil directeur des yeux des chevaux, dont l'iris en gros plan reflète l'avancée d'un homme toujours attendu et craint, accepté jusque dans sa violence par ce prédaté si docile, m'a durablement marquée. 
A la fin, la boucle est bouclée, et l'on est sûr d'une chose : tout passe, là-bas, par les chevaux, par eux les hommes vivent et survivent. On sort non pas en repensant à un personnage, mais en ayant reçu une grande claque, et quelques clins d'oeil antimachistes.
Les deux bandes-annonces racontent pratiquement tout le film, c'est de pire en pire décidément les bandes-annonces... ainsi que certaines critiques. Bref, je ne les poste pas.
Pour les âmes sensibles et les plus jeunes, quelques scènes bien difficiles quand même, dont une qui m'a laissée pantoise... Je ne vous en dis pas plus !

Aucun commentaire: