dimanche 21 août 2011

L'huile de palme, fléau écologique et nutritionnel du siècle

Cette huile de malheur apparait partout et sous tous les noms : "huile végétale ou graisse végétale" - sans précision, c'est généralement de l'huile de palme, ne soyez pas dupe. Il s'agit d'un énoncé volontairement sybillin et trompeur. c'est incroyable ! , "sodium palmate", "graisses végétales hydrogénées", "palm acid" etc. etc. La législation n'impose toujours pas de signalement clair. Elle ne devrait d'ailleurs pas porter le nom d'huile mais de graisse. En revanche, certaines marques commencent à faire l'effort de mentionner "sans huile de palme", mais c'est souvent pour les remplacer par d'autres acides gras saturés tout aussi problématiques comme l'huile de coprah ! Pourquoi pas du napalm, tant qu'on y est ?
Il s'agit là, et je pèse mes mots , d'un vértitable fléau de l'industrie agro-alimentaire moderne, pour la santé (l'OMS commence à manifester quelque inquiétude, un peu tard !) comme pour l'environnement.
Certes, pour les pays producteurs (essentiellement Malaisie et Indonésie + Colombie, Nigéria, ... tous du tiers-monde évidemment), cela peut avoir l'air de rapporter de l'argent aux populations, mais ce n'est qu'un avantage bien faible et éphémère en comparaison des multiples dégâts qui rejaillissent sur elles. Et il ne s'agit pas là d'une préoccupation égoïste d'occidental écolo donneur de leçon, mais d'un drame pour leurs propres ressources sauvages et agricoles, leur environnement : inondations et glissements de terrains, perte d'espace pour les cultures vivrières, air étouffant et cancérigène,  on en passe et des meilleures. A cause des feux de forêt, l'air indonésien est irrespirable et ce petit pays est devenu le 3e producteur de CO2 de la planète. Selon le ministère des forêts indonésien, la superficie des plantations de palmiers à huile est passée de 120 000 hectares en 1968 à 5,5 millions d'hectares en 2004. (source : One Voice)
De plus, comme toujours, quelques investisseurs déclenchent des feux criminels sans tenir compte du désaccord des populations locales dont les appels au secours ne sont jamais relayés.
On prévoit que 98 % des forêts malaisiennes (ou de ce qu'il en reste après la mode des meubles exotiques) seront détruits d'ici à 2022 pour les palmeraies !



Un envahisseur qui ne laisse pas de répit :
1 produit sur 10 au supermarché en contient !
Même le bio, on en trouve absolument partout (encore une fois pour diminuer les coûts, pour aider à la "démocratisation" du bio... mais à quel prix ?).
Or, même non hydrogénée et issue de l'agriculture bio, cette graisse est pauvre sinon néfaste sur le plan nutritionnel, car elle est saturée, même non raffinée ou hydrogénée.
Et sachez que 20 % de la production passe dans... les cosmétiques !! Le fameux savon de Marseille, marque déposée, originairement à l'huile d'olive, aussi !!!!  Savons pour les mains, gels douches, etc etc, il s'agit d'un véritable envahissement.
Si l'on prend le temps de lire les ingrédients, c'est effarant, il y en a partout ! Surgelés, plats cuisinés, viennoiseries, biscuits, céréales, mayonnaises, margarines soit disant anti cholestérol (!!!), chocolats et barres chocolatées bas de gamme, crèmes glacées, pâtes à tartiner, mêmes soupes et laits pour bébé !!
Et bien sûr, il y a encore plus dans les marques discount. Une fois, sur un rayon entier de biscuits... je n'ai trouvé que 3 paquets sans ! Les traditionnels bretons pur beurre, certains LU. En gros.
C'est vraiment d'une ironie sans pareille, toutes ces personnes qui cherchent à préserver leur coeur et leurs artères, à chercher à diminuer leur mauvais cholestérol... alors que même les margarines végétales que l'on prend à la place du beurre en sont faites ! ça devient mission impossible !!
Seules solutions : manger le moins de produits transformés possible, traquer sa présence dans les étiquettes, et prendre le temps de chercher les produits qui en sont dépourvus pour leur devenir fidèles.
Exemple : la mayo Bénédicta en est pleine, la Maille non.
Et bien se dire qu'un peu de bon beurre vaut mieux que beaucoup de mauvaise huile !

Il s'agit de la pire des graisses saturées, la pire pour la santé (acides gras palmitiques). Pourquoi est-elle partout ? Parce qu'elle permet de donner de la longévité (rancit moins vite) et du moelleux au produit, à prix beaucoup moins élevé que le beurre ou d'autres huiles plus intéressantes nutritionnellement. Alors oui, les produits sont un peu moins chers, encore que... Mais il faut accepter l'idée, je crois, que bien manger, aujourd'hui, c'est éviter les aliments "low cost", rechercher la qualité, quitte à manger moins ! En cherchant à réduire les dépenses pour manger autant, on va vers les petits prix qui cachent bien des choses... car on ne fait pas du beurre avec de la palme, et les produits de qualité ne sont pas chers juste pour le plaisir !! Alors, plutôt une pômme bio que deux qui ne le sont pas, et un morceau de viande Label rouge par semaine plutôt que deux ou trois morceaux qui viennent d'une infecte batterie.

Alors par pitié, regardez les étiquettes et tentez de limiter les dégâts ! Il existe quand même encore des produits sans, si on se donne la peine de chercher. Il faut que le consommateur les valorise, et manifeste son mécontentement face à l'huile de palme ou de coprah. Vos artères et la planète vous remercieront.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Très bonnes observations. Envoyez votre article sur Rue89, il mérite d'être lu par le plus grand nombre.