Affichage des articles dont le libellé est Médias & recherches. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Médias & recherches. Afficher tous les articles

dimanche 14 mars 2021

Joseph Ponthus - A la ligne / Feuillets d'usine

Il y a deux semaines est brusquement décédé un écrivain dont les Feuillets d'usine m'ont laissé une impression indélébile. Son écriture serrée comme une ligne de production ; ses pensées à la chaîne, peu à peu affranchies du corps une fois que sont trouvés les gestes. 


Joseph Ponthus était une intelligence profonde, ferme et nuancée ; un ouvrier, un intellectuel déclassé, passionnant et bon; une plume qui percute à chaque phrase, sans jamais enfouir le fond sous le style.

J'aurais voulu profiter toute une longue vie, la sienne, de lui, de son écriture, qui sans doute aurait continué à le suivre d'un métier à un autre.

Je suis heureuse qu'il ait eu le temps de connaître un succès bien mérité.

« Ce livre porte quand même sur le sujet le moins sexy du monde, les usines agroalimentaires en Bretagne, et le fait dans la forme la moins sexy du monde, en vers libres sans ponctuation. » (dans Le Monde)

- avec la présence intéressante d'une jeune stagiaire, Assa Traoré - 

"L'usine a enlevé tout le gras de mes textes". 
Et lui a beaucoup appris. Il en parle bien. Au plus concret. "A l'os".
Comment écrire comme on travaille. Comment dire les répits, le marasme et l'indicible ; l'épuisement ; les échanges avec les collègues, parfois tendres, camarades ; parfois effarés devant la dureté raciste et machiste ; et les respirations vitales avec les penseurs, les artistes, d'Apollinaire à Spinoza, de Beckett à Barbara - et la révolte face à la gestion des bras que l'usine achète et broie. 
 
"C'est fantastique tout ce qu'on peut supporter." 
Guillaume Apollinaire - exergue d'A la ligne.
 
L'usine comme guerre contre le temps, la douleur, les chefs, et contre soi-même.
 
"Je n’écris pas "pour", j’écris "parce que". J’écris, parce que je dois consigner ce qui m’arrive, je ne vais pas à l’usine dans une démarche d’écriture, j’y vais pour gagner des sous, parce que je n’ai pas le choix, sans idée préconçue, juste pour vendre la force de mes bras. Mais quand on débarque à l’usine, c’est d’une telle violence  et en même temps d’une telle organisation assez fascinante, qu’il a fallu que je réfléchisse là-dessus, et que j’essaie d’en faire quelque chose de beau, de manière littéraire, pour ne pas sombrer dans l’enfer de la machine. Au départ, j’écris pour moi, pour me sauver."
 
"L’usine m’a révélé à moi-même, je me suis découvert une perfection plus grande physiquement - j’ai pris des muscles que je ne connaissais pas - et une force morale inattendue. L’usine a été pour moi la fin de ma psychanalyse parce que, quand se retrouve pendant huit heures à faire la même tâche, on a le temps de réfléchir sur soi. Elle m’a permis de découvrir ma propre vérité."
 
Un petit hommage avec mes petits moyens : quelques extraits choisis enregistrés. 
 
 
 
 
Joseph Ponthus témoigne aussi à plusieurs reprises dans ce magnifique documentaire, notamment à 53'40 :
 
De grandes lectures citées dans l'émission ou dans l’œuvre : 

- L'Espoir et l'effroi, Xavier Vigna 
- L'Etabli, Robert Linhart 
- Le Journal d'un manœuvre, Thierry Metz

Un autre ouvrage auquel Joseph Ponthus a contribué, issu de ses années de travail social, que l'on peut commander à sa librairie, ou lire en ligne, et aussi découvrir par cette super émission de radio, épisode des Oreilles loin du front", où il est invité avec ses jeunes camarades co-auteurs. Vraiment magnifique à écouter.
 
 
Joseph Ponthus contribuait aussi régulièrement à la revue ARTICLE 11, aujourd'hui arrêtée, mais dont les archives en ligne sont passionnantes, et d'une qualité rédactionnelle rare. 

dimanche 31 janvier 2021

Faut-il arrêter d'acheter du monoï ?

J'ai toujours adoré le monoï : son odeur, son pouvoir nourrissant et enveloppant...

Traditionnellement, dans sa Polynésie d'origine, cette huile n'est pas du tout utilisée pour le bronzage, mais pour former une seconde peau en cas de pluie, de baignade dans une eau froide, ou encore pour des rituels importants. Elle ne protège pas des UV, bien entendu. 
Je l'emploie - employais ? - donc en tant qu'hydratant et parfum (y compris en hiver, lorsque l'été me manque), et non en tant que protection solaire.

Le monoï, qu'est-ce, au juste ? Des boutons de fleurs de tiaré ("gardenia tahitensis") macérées (une dizaine de jours) dans de l'huile extraite des amandes contenues dans les noix de coco. Cette amande se nomme la coprah, il s'agit donc d'huile de coprah ("cocos nucifera" sur les étiquettes). 
 
 
 
Ces deux ingrédients doivent représenter la quasi-totalité de la composition d'un authentique monoï de Tahiti (on y ajoute généralement un antioxydant naturel, "tocopherol" ou "tocopheryl", c'est-à-dire vitamine E, et parfois du parfum).

J'ai toujours veillé de près à la composition, afin d'éviter les additifs (les monoïs industriels contiennent très peu de monoï et beaucoup de... paraffine). Mais ça ne suffit pas : l'huile de coprah est écologiquement aussi problématique que l'huile de palme.

Et encore, je ne savais pas tout...

L'huile de coprah est produite dans les archipels des Tuamotu et des Gambier, à l'est de Tahiti. L'activité, subventionnée par l'Etat pour éviter l'exode vers Tahiti, représenterait quelques milliers d'emplois. 
 
Le monoï d'appellation contrôlée ne peut pas être produit ailleurs qu'en Polynésie, d'où un premier impact : le transport. 
Les laboratoires Biarritz en proposent un fabriqué en France, mais cela revient au même, puisque la matière première fait le voyage. 

Second impact : l'huile de coprah utilisée pour le macérat est raffinée, avec utilisation de solvants. C'est pourquoi les authentiques monoï de Tahiti ne peuvent être certifiés "bio". Seuls des produits contenant en plus grande part d'autres huiles, comme celui des laboratoires Biarritz, le peuvent. Mais il contient de l'huile de tournesol, de l'huile de coco hydrogénée, des ingrédients superflus... je ne suis pas emballée.  

Reste à en rechercher un qui soit fabriqué à partir d'huile de coco vierge... sauf que là aussi, l'engouement pour la noix de coco en cuisine en fait peu à peu un désastre pour le monde vivant.

J'ai donc décidé de me rabattre sur une huile végétale plus locale et dorée (l'huile de noyau d'abricot par exemple), en y ajoutant des huiles essentielle de qualité de vanille et de fleur de tiaré. Quand je serai nostalgique du vrai monoï, je m'autoriserai à acquérir une ou deux bouteilles par an chez Aroma-Zone, à l'huile de coco vierge du Sri Lanka.

J'espère que cet article vous plaira et vous fera, peut-être, gagner du temps : c'est la synthèse d'un bon moment de recherches !

samedi 24 janvier 2015

Mercredi, c'est Charlie

Je n'ai pas posté depuis le six janvier...
Non que je pense que la vie doive s'arrêter, ou que celles et ceux qui ont continué à bloguer, ou posté dans la foulée, soient insensibles. Chacun réagit comme il peut, à sa manière. Simplement, je ne pouvais pas. J'étais, littéralement, sidérée, atterrée, dévitalisée. Pour la première fois de ma vie, je n'ai ni dormi ni mangé pendant plus de 48 heures. Sans même y penser, hors de moi-même. Puis j'ai eu envie de poster ici, mais je ne savais pas comment. J'étais sans colère, sans peur, mais l'esprit encerclé d'une muraille de journaux en flammes qui crachaient sans fin les cendres de ceux que j'aimais, de ceux qui les protégeaient, les aidaient, de ceux qui n'avaient rien fait, de ceux qu'on avait lobotomisés.
Je ne parviens pas à retrouver l'auteur de ce dessin...
Cela fait dix ans que je lis Charlie tous les mercredis. C'est mon rituel, depuis ma majorité, celui qui scande le milieu de la semaine. Je ne me suis jamais abonnée, parce que j'aimais aller chercher mon journal et l'emporter pour goûter, boire un verre ou pour déjeuner, parfois avec quelqu'un qui l'aimait aussi et qui riait avec moi, parfois seule, et mes éclats de rire étouffés allaient flirter avec les verres des tables voisines. Suite à leur appel, je m'apprêtais à le faire.
J'aimais certains des journalistes et dessinateurs de Charlie comme on aime des amis dont on sait qu'ils répondront toujours présent pour nous réconforter et nous tirer hors de nos schémas de pensée. Je pleure encore, même s'ils n'auraient pas aimé ça, lorsque je tombe sur les regards rieurs, brillants et doux de Maris et de Cabu.
D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été fascinée par le talent des caricaturistes de presse, par l'instantanéité saisissante de leurs dessins, leur sens de l'observation et leur aptitude à me faire sourire du pire, afin de mieux le vivre et de supporter d'y réfléchir. Je les cherchais avidement, le jour de la rentrée, dans le nouveau manuel d'histoire.

Je commençais toujours par "l'apéro de Bernard Maris", un homme que j'estimais, que j'appréciais plus que beaucoup, et par "Les couvertures auxquelles vous avez échappé". Joyeusement provocantes... D'aucuns diraient que mieux vaut éviter les problèmes... mais la liberté d'expression ne s'use que si l'on ne s'en sert pas, et la justice a toujours protégé Charlie Hebdo des ennemis de la république laïque.
Après l'incendie du cinéma lors de la projection de La Dernière Tentation du Christ, des opposants au film ont admis qu'ils ne l'avaient pas visionné... De même que bien des gens scandalisés par les caricatures, et intellectuellement malhonnêtes, n'ont jamais ouvert et lu ce journal qui, je peux en témoigner, a publié un nombre incalculable d'articles de fond, d'interviews de proscrits des pays aux prises avec le radicalisme, de chroniques, de dessins prenant la défense du monde musulman et de l'islam lumineux, qui exista autrement qu'à la marge, et duquel certains intellectuels musulmans espèrent désespérément le retour.
On attendrait la caricature du caricaturiste... on a eu son exécution froide et sans implication.
Mercredi, c'était Charlie. Mercredi, c'est toujours Charlie, grâce au courage ahurissant de ceux qui sont restés. Mercredi, ce sera toujours Charlie pour moi. Symbole, non, ça les embête, mais sacrément seul, différent, et sacrément courageux. Préférer la faillite à la pub...
Même si je trouve dangereux de limiter le rire (pour moi, la phrase "c'est pas drôle" peut sanctionner un effet qui tombe à l'eau, mais pas un thème), je remercie ceux qui soutiennent la liberté de la presse tout en disant qu'ils ne sont pas Charlie. Ils défendent quelque chose qui les gêne, ils comprennent que l'intérêt de la démocratie passe avant leurs préférences. Ils estiment l'humanité, avec toutes ses variantes. Comme M. Brinsolaro (voir l'interview que sa femme a accordé à Ouest France.)
Je suis allée à Paris le 9, malgré les grands rien du tout qui présidaient la manifestation. Parce que je me sentais appelée par le besoin de l'énergie d'une foule immense, et des amis qui vivent là-bas, et qui ont au cours de leur vie frôlé, voire connu, certains des protagonistes de ce sombre événement, et/ou qui travaillent à communiquer avec ceux qui ont majoritairement dit que c'était bien fait, ou au moins bien cherché. A l'abri, le temps d'un instant, du souci des motivations de chacun. Avec la pensée qu'à quelques rues de moi, il y a ceux qui restent, qui pleurent et qui rient d'une crotte de pigeon plus solide que les larmes.
Une manifestation calme et sans incident, de la simplicité, de la beauté, un peu de rire. Quelques marseillaises malvenues et un joyeux drille qui les a remplacées par des chansons italiennes depuis son balcon, suivi par la foule. C'était rue de Turbigo. Vingt mètres, on a fait.


Puis l'après, l'après vertigineux. 

Affronter le magma en fusion des médias, des mots, des idées. Refuser toute simplification, fournir les efforts nécessaires pour embrasser tous les facteurs, si nombreux, si complexes et contradictoires en apparence, tous les points de vue qui semblent inéluctablement irréconciliables, sans tomber dans le défaitisme, la colère ni la relativisation abusive, et trouver son cap, définir ce qu'est pour nous être républicain, et comment défendre au mieux son attachement à la laïcité, à la liberté de religion et de non-religion, chaque jour, à son petit niveau.
Je n'apprécie pas, ou plus, Philippe Val, mais il y a une phrase de lui que j'aime beaucoup, tirée d'un édito, il y a longtemps : "L'optimiste moderne est un pessimiste qui agit quand même."
Se baigner dans Spinoza, Condorcet, Voltaire, Montesquieu, Diderot, Cioran, Luz, Nicolino ICI, dans ceux qui parlent avec des phrases qui imposent leur justesse sans forcer. 
Se réoxygéner avec les gens éclairés. Admirer la couverture du 14 janvier, son vert islam, son turban suggestif, qui portent l'humanisme et le rire plus hauts que jamais.
Puis replonger, en apnée, mais sans fermer les yeux, dans la bêtise et l'obscurantisme, dans la violence qui cible tous les jours et partout ceux qui veulent vivre et penser, partout, tous les jours, le 7 janvier entre autres, entre autres seulement. 

Le 7 janvier, c'était chez nous... un pays pas si jaune que ça. Un ex-pays laïcard, un pays-refuge qui rentrait la tête dans le sol pour que ses fesses continuent à se croire libres, et qui, désormais, ne le pouvant plus, cherche une autoroute pour fuir sans penser, sans prendre de risque.
Penser...
Agir...
J'ai beaucoup de chance : j'ai un métier dans lequel je me sens utile au quotidien, en apprenant tous les jours avec de jeunes gens à me confronter à l'autre. En cherchant avec eux les atouts et les tensions propres à la démocratie et à la laïcité. En interrogeant le sens des mots et des images, sans s'arrêter au bout de son nez. En leur montrant que, comme le disait Sophia Aram le 12 janvier, le croyant n'est pas plus insulté par le blasphème athée que le scientifique n'est insulté par la genèse et ses variantes. Que dans une République, la religion est une affaire intime, et la liberté d'expression une affaire publique. Que si l'on punit l'irrespect de mort, il ne resterait pas grand monde sur terre... Que Montesquieu n'était pas plus esclavagiste que Charlie n'était islamophobe, et que si l'on n'aime pas l'ironie et le second degré, ce n'est pas une raison pour refuser de les comprendre et vouloir les interdire. Que l'honnêteté intellectuelle commande de ne pas juger sans savoir, sans chercher à connaître d'abord ce que l'on juge dans son ensemble.

 
 
J'ai quand même été confrontée à quelqu'un de jeune qui avait forgé son opinion sur les titres des unes de Charlie, lues sur Facebook, sans avoir vu les dessins qui allaient avec... je les lui ai montrés... il en a été tout étonné : "Ah mais ça défend les musulmans en fait!". Si l'on écoute Coluche dire "Si les noirs sentent fort c'est que pour que les aveugles les reconnaissent", sans écouter ses sketches sur le racisme ou les contrôles d'identité... certes, on ne connaît pas Coluche.
Leur apprendre la différence entre l'humour du bouffon, si chaud, qui vous secoue sans concession, et la haine du fanatique, si glacée, qui poignarde sans jamais sourire... afin de ne pas mettre tous les "humoristes" dans le même panier (suivez mon regard).


Leur expliquer, car on en est là, la différence entre arabe, musulman et intégriste. 
Lire avec eux ceux qui se sont opposés de toutes leurs forces aux intégrismes, à tous les intégrismes, depuis le commencement des temps.
Le chemin est long, et difficile, mais passionnant.
Et pour nous, nous tous, que faire pour combattre l'abyssal sentiment d'impuissance qui nous étreint ?
Peu de chose, mais quelque chose, quand même : faire la démarche d'apprendre où s'informer, l'effort de réfléchir, de vérifier, de débattre, de chercher plus et plus loin ; acheter la presse, écouter les émissions les plus indépendantes possible : c'est ce que chacun peut faire, et, j'ose le dire, doit faire s'il veut ensuite émettre des idées légitimes ; car à ces conditions, elles le seront, forcément, en république.
Chercher comment aider les pays étranglés par les intégrismes, en commençant par consommer, voyager responsable, en commençant par savoir et se manifester pour eux.


2e partie de cet article : florilège de citations et de dessins. Pour se réjouir avec les libres penseurs.

Jacques Sternberg, « Fanatisme », Dictionnaire des idées revues, © Denoël, 1985.
"Quelle que soit la foi qui l’habite et l’anime, divine, politique, sociale ou occulte, le fanatique demeure le type humain le plus dangereux parce qu’on peut le pousser à faire n’importe quoi, de préférence le pire, rien qu’en deux mots, un slogan et un claquement de doigts. Tous, à toutes les latitudes de la planète, ont deux choses en commun : leur inébranlable sérieux et la fiévreuse connerie de leur regard." Et le point commun de nos amis partis et restés : leur inébranlable dérision et l'humanisme rieur de leur regard...






Il vient, le Fanatisme est son horrible nom :
Enfant dénaturé de la Religion,
Armé pour la défendre, il cherche à la détruire,
Et, reçu dans son sein, l’embrasse, et le déchire.

Voltaire, La Henriade, chant V


 "Dans ce procès, monsieur, qui a eu des suites si affreuses, vous ne voyez que des indécences, et pas une action noire; vous n’y trouvez pas un seul de ces délits qui sont des crimes chez toutes les nations, point de meurtre, point de brigandage, point de violence, point de lâcheté: rien de ce qu’on reproche à ces enfants ne serait même un délit dans les autres communions chrétiennes. Je suppose que le chevalier de La Barre et M. d’Étallonde aient dit que l’on ne doit pas adorer un dieu de pâte, c’est précisément et mot à mot ce que disent tous ceux de la religion réformée."

"Je laisse, monsieur, à votre humanité et à votre sagesse le soin de faire des réflexions sur un événement si affreux, si étrange, et devant lequel tout ce qu’on nous conte des prétendus supplices des premiers chrétiens doit disparaître. Dites-moi quel est le plus coupable, ou un enfant qui chante deux chansons réputées impies dans sa seule secte, et innocentes dans tout le reste de la terre, ou un juge qui ameute ses confrères pour faire périr cet enfant indiscret par une mort affreuse."

 
"Quelques juges ont dit que, dans les circonstances présentes, la religion avait besoin de ce funeste exemple. Ils se sont bien trompés ; rien ne lui a fait plus de tort. On ne subjugue pas ainsi les esprits ; on les indigne et on les révolte."

Voltaire, relation de la mort du chevalier de La Barre



 
Plus on prendra de soin pour ravir aux hommes la liberté de la parole, plus obstinément ils résisteront. 
Spinoza
 
Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage : c’est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l’esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu’ils doivent entendre.
Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?
Lorsqu’une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. [...]
Voltaire, Dictionnaire philosophique portatif (1764),
article "Fanatisme", section II


 "Je sais bien que, quand une bête féroce a trempé sa langue dans le sang humain, elle ne peut plus s'en passer. Je sais bien que cette bête manque d'aliment, et que, n'ayant plus de Jésuites à manger, elle va se jeter sur les philosophes. Je sais bien qu'elle a les yeux tournés sur moi, et que je serai peut-être le premier qu'elle dévorera. Je sais bien qu'un honnête homme peut en vingt-quatre heures perdre ici sa fortune, parce qu'ils sont gueux ; son honneur, parce qu'il n'y a point de loi ; sa liberté, parce que les tyrans sont ombrageux ; sa vie, parce qu'ils comptent la vie d'un citoyen pour rien, et qu'ils cherchent à se tirer du mépris par des actes de terreur. Je sais bien qu'ils nous imputent leurs désastres parce que nous sommes seuls en état de remarquer leurs sottises."
http://dmz.vaucanson.org/lettres/bazabac/episto/voltairediderot.html

De Diderot à Voltaire, 10 octobre 1766


Que l'homme perde sa faculté d'indifférence: il devient assassin virtuel; qu'il transforme son idée en dieu: les conséquences en sont incalculables. On ne tue qu'au nom d'un dieu ou de ses contrefaçons. Les époques de ferveur excellent en exploits sanguinaires: Ste Thérese ne pouvait qu'être contemporaine des autodafés, et Luther du massacre des paysans...

Le diable paraît bien pâle auprès de celui qui dispose d'une vérité, de sa vérité. Les vrais criminels sont ceux qui établissent une orthodoxie sur le plan religieux ou politique, qui distinguent entre le fidèle et le schismatique. Lorsqu'on se refuse à admettre le caractère interchangeable des idées, le sang coule...

Regardez autour de vous: partout des larves qui prêchent; chaque institution traduit une mission... La société est un enfer de sauveurs! Ce qu'y cherchait Diogène avec sa lanterne, c'était un indifférent... Il me suffit d'entendre quelqu'un parler sincèrement d'idéal, d'avenir, de philosophie, de l'entendre dire "nous" avec une inflexion d'assurance, d'invoquer "les autres" et s'en estimer l'interprète pour que je le considère mon ennemi...

On se méfie des finauds, des fripons, des farceurs; pourtant, on ne saurait leur imputer aucune des grandes convulsions de l'histoire... L'humanité leur doit le peu de moments de prospérité qu'elle connut... Le fanatique, lui, est incorruptible: si pour une idée, il tue, il peut tout aussi bien se faire tuer pour elle; dans les deux cas, tyran ou martyr, c'est un monstre; les grands persécuteurs se recrutent parmi les martyres auxquels on n'a pas coupé la tête...
Dans tout homme sommeille un prophète, et quand il s'éveille il y a un peu plus de mal dans le monde...

E. M. Cioran, Précis de décomposition, Gallimard, 1949
Généalogie du fanatisme


 Mon cher Usbek, quand je vois des hommes qui rampent sur un atome, c'est-à-dire la terre, qui n'est qu'un point de l'univers, se proposer directement pour modèles de la Providence, je ne sais comment accorder tant d'extravagance avec tant de petitesse.
            De Paris, le 14 de la lune de Saphar, 1714.
Lettres persanes, Montesquieu

samedi 8 novembre 2014

Made in Cachemire ?

Le cachemire, ou cashmere, est d'abord une région montagneuse de l'Inde. Il est devenu le nom, par association, d'une matière noble entre toutes, fine et douce, longtemps réservée aux plus riches (et aux 47 ans de mariage). Sa production et sa distribution se sont développées en Europe, ainsi qu'aux Etats-Unis et au Japon, au XIXe.
Il s'agit d'une matière endogène, exclusivement issue de la laine des chèvres de cette région du monde qui va du nord du Cachemire indien à l'extrême est du Tibet chinois.
Les splendides chèvres qui nous offrent ce cadeau vivent à plus de 4000 mètres d'altitude. Pour obtenir la laine, leur pelage d'hiver (conçu pour les protéger des froids et des vents les plus glacials) est brossé, afin de n'extraire que les poils les plus longs et les plus doux. Il est ensuite trié, puis nettoyé. Le tout à la main, et bien plus de douceur pour les animaux, puisque contraitement aux autres laines, le cachemire ne nécessite pas de tonte.
Après un acheminement montagnard en caravane (tout un rêve aventurier), les poils sont filés puis tissés sur un métier en bois. Pour passer du blanc cassé aux couleurs profondes et brillantes qui sont le signe inégalable de leur origine entièrement locale et artisanale (voir les photos ci-dessous), les étoffes sont teintes dans de grands seaux d'eau et de colorants naturels. Le tout selon des traditions ancestrales, que seuls les autochtones pratiquent et entretiennent.
Tout a donc l'air pour le mieux, et vous vous sentez soudain très fièr.e de votre achat.
Mais... combien l'avez-vous payé ? Pas cher, vous dites-vous, ravi.e. Autrefois réservés aux plus aisés, les vêtements en cachemire se retrouvent dans des enseignes type Monoprix, Uniqlo, etc. ; bref, se "démocratisent". Hélas, votre vieille grand-mère a dû vous l'apprendre, dans la vie, tout a un prix :
- les tissus sont teints plus loin dans la chaîne de fabrication, de manière non naturelle ;
- le filage et le tissage deviennent mécaniques et se font en usine ;
- la sélection est relâchée (poils plus courts, plus larges, plus gras). 
résultat : une qualité médiocre, qui se distend et bouloche dès les premiers (même  précautionneux) lavages, alors que les cachemires traditionnels embellissent à chacun.
- pour les éleveurs, une hausse du revenu quantitatif (ils produisent et vendent davantage car la demande augmente, évidemment) mais une baisse du revenu moyen : on les paie de moins en moins.

J'apprends d'ailleurs grâce à Wikipédia qu'il existe une expression populaire anglaise, british cashmere, qui désigne un mensonge grossier, ou un attrape-nigaud. C'est dire...

Bref, les miracles n'existent pas : le plus beau cachemire reste rare et très cher, il ne se "démocratise" pas, sauf si démocratiser signife détruire un peuple (et une région) pour s'offrir un ersatz à bas prix. 
Ce n'est pas non plus écologique, car les dégâts ne s'arrêtent pas là : la production annuelle moyenne par chèvre, sans forcer, est de 150 grammes (c'est bien cette rareté qui la rend si coûteuse). Or, si ce commerce permet aux bergers Mongols de vivre et de faire vivre leurs traditions (ils sont nomades), à présent l'élevage devenu intensif est à l'origine de surpâturage, d'une rupture de l'équilibre des espèces qui permettent aussi à ces bergers de vivre, d'une importante désertification de la province de la Mongolie Intérieure (la Mongolie est le 2e producteur mondial après la Chine), et à sa suite de l'accroissement de vents poussiéreux qui déferlent bien au-delà de cette seule région. Là-bas, tout est plus grand, plus extrême, et les destructions galopent donc plus vite aussi... Et ce n'est pas une préoccupation d'européen.ne lointain.e qui pense à la nature avant de se soucier des travailleurs, au contraire : c'est encore le producteur qui l'aura dans l'os, puisque la province, affolée par les dégâts, impose à présent des restrictions.
A lire ici, pour finir, un témoignage sur la fabrication. 

Pour autant, les premiers frimas donnent bien envie de se lover douillettement dans un pull fin, doux, et chaud. Et ça vaut le coup, car tout un peuple, un beau peuple, vit de ce commerce. Mais encore une fois, consommation sans conscience n'est que ruine du monde...
L'on peut donc, à la japonaise, prendre le temps d'économiser pour s'offrir LA pièce, et le jour venu se fier à quelques filières, au lieu de se jeter chez Bompard (qui n'est plus à la hauteur de sa réputation) ou pire... :

- attendre que le label élaboré par l'ONG AVSF voie le jour



- faire un tour chez Kapra Hiska Cashmere (43 rue de Turenne, dans le 3e à Paris), pour admirer les couleurs et la douceur, discuter avec le patron, prendre des notes pour plus tard... :


Le bilan carbone n'étant de toute manière pas jojo, je préfère attendre et acheter une ou deux très belles pièces, pour la vie !

Conseils de lavage : Vous pouvez les laver toutes les trois ou quatre utilisations. Le mieux est un lavage à la main ou un programme berce-laine/à la main (30° maxi) avec une lessive adaptée aux laines.
Surtout, pas d'essorage ni de séchage suspendu (ça déforme) : posez-le à plat, par exemple sur une serviette de bain pliée (avec laquelle vous pouvez le presser, afin qu'il sèche plus vite).

Allons allons, ne vous découragez pas : puisqu'on vous dit pas trop souvent, et qu'il embellira.

Sur ce, je vous souhaite de beaux frimas. Sans cachemire, on trouvera bien d'autres moyens de se réchauffer...

jeudi 9 mai 2013

Une mine : le site "la vérité sur les cosmétiques"

Vous connaissiez peut-être les livres... Mais il y aussi un site très bien fait !

 http://www.laveritesurlescosmetiques.com/index.php


(capture d'écran)

Si vous en avez assez de ne pas savoir décortiquer les listes d'ingrédients, de vous faire avoir par le faux naturel, ou par la quantité réelle des ingrédients d'appel, ce site est pour vous : il y la tout. Lisez les nouvelles infos, et surtout, lancez la recherche INCI sur un produit que vous soupçonnez ou sur un ingrédient dont le nom vous semble peu catholique : tout est donné et commenté, avec clarté et précision scientifique. Pratique quand on hésite dans un rayon.
Quand on cherche à acheter vraiment bio, indispensable : pas mal de marques certifiées jouent avec le feu de la planète et les limites du label...
L'intérêt ne se limite pas à éviter les mauvais ingrédients : vous pourrez aussi vérifier l'intérêt réel des premiers ingrédients (pusiqu'ils sont indiqués par ordre de quantité) et la place des principes actifs. 

Petite précision : il n'y a pas d'onglet de recherche pour les produits, seulement pour les ingrédients. Mais en tapant directement dans Google "la vérité sur les cosmétiques" + le nom de votre produit, s'il y a quelque chose, vous trouverez tout de suite. 
 
Un site que toutes les vendeuses de boutique de beauté bio devraient fréquenter assidûment... Mais pour pallier leurs déficiences, on retient vite la signification des appellations que l'on rencontre souvent, et on devient de plus en plus efficace (et on rigole de voir des produits à 15 € qui ne contiennent presque que de l'huile de tournesol, de l'eau et de l'alcool, plus quelques sulfates autorisés en bio, mais bien agressifs pour nous et notre eau). Je suis toujours dépitée d'observer que la plupart des clients regardent les jolis mots devant, et pas les ingrédients derrière. Le marketing a de beaux jours devant lui.

Tenez-moi au courant de vos révélations... et sachez, tiens, que le truc qu'on trouve partout, Caprylic/Capric triglycéride (beurk, rien que le nom...), est un dérivé (polluant) de l'huile de palme. On ne s'en sortira jamais, de ce truc...

Rien de mieux que les bonnes vieilles recettes, c'est moi qui vous le dit, comme celle d'Iliana avec le rhassoul.

Allez, je vous donne rendez-vous dans un monde plus propre avec des cheveux plus beaux (et inversement).

mardi 30 octobre 2012

Marques rachetées & groupes qui testent sur les animaux

 

Sanoflore, cette marque pionnière du bio, dont je vous ai parfois présenté les produits, a été rachetée par L'Oréal il y a un bon moment déjà. L'Oréal, le pire du pire au pays du capitalisme destructeur de vie. Cela fait dix ans que je n'ai pas acheté le moindre produit de cette marque ni des marques acquises par le groupe (comme The Body Shop).
L'Oréal, avec ses pubs niaises (pléonasme?), son histoire nauséabonde, ses milliards engrangés et ses records en tests sur les animaux, ses produits polluants pour le corps et l'organisme et dont les actifs sont réduits comme peau de chagrin... Vous payez de la glycérine, de l'huile de tournesol et du plastique.
L'Oréal, non, parce que vous valez mieux que ça...
L'Oréal, qui réussit régulièrement, grâce à son poids économique, à retarder l'adoption de mesures plus protectrices aux niveaux français et européens.
Rappelons que les tests sur les animaux ne sont pas fiables, et que des méthodes de substitution existent, qui sont simplement plus coûteuses, excuse inattaquable de la part d'un groupe aussi pauvre, reconnaissons-le...

Et si vous ne voyez pas pourquoi vous devriez abandonner les marques qui testent sur les animaux, faites une petite recherche... avant, préparez les mouchoirs, et le seau pour vomir. Je ne mets pas de lien, je m'en voudrais de choquer les âmes sensibles qui lisent ce blog.

Plus utile, voici la liste de toutes les gammes/marques qui testent sur les animaux. Parfait aussi pour se rendre compte que quelques groupes se partagent des dizaines de "marques" ayant pignon sur rue et depuis longtemps dévoyées... Commençons la traque !
 
Ici, une liste des marques sûres par la blogueuse de "La ptite noisette" :
 
Evidemment, les labels bio interdisent ces pratiques en cosmétique, mais si c'est pour filer l'argent au groupe hyper-pratiquant qui a racheté une marque "bio", ou qui sort un malheureux produit "bio" en tête de gondole... Attention aussi aux produits qui mentionnent "formule non testée", ce qui ne veut pas dire qu'ils ne testent pas chaque ingrédient séparément...

PS : au cas où vous voudriez aller plus loin, sachez qu'une bonne partie du groupe L'Oréal appartient à Nestlé...

dimanche 21 août 2011

L'huile de palme, fléau écologique et nutritionnel

Cette huile de malheur apparait partout et sous tous les noms : "huile végétale ou graisse végétale" - sans précision, c'est généralement de l'huile de palme, ne soyez pas dupe. Il s'agit d'un énoncé volontairement sybillin et trompeur. c'est incroyable ! , "sodium palmate", "graisses végétales hydrogénées", "palm acid" etc. etc. La législation n'impose toujours pas de signalement clair. Elle ne devrait d'ailleurs pas porter le nom d'huile mais de graisse. En revanche, certaines marques commencent à faire l'effort de mentionner "sans huile de palme", mais c'est souvent pour les remplacer par d'autres acides gras saturés tout aussi problématiques comme l'huile de coprah ! Pourquoi pas du napalm, tant qu'on y est ?
Il s'agit là, et je pèse mes mots , d'un vértitable fléau de l'industrie agro-alimentaire moderne, pour la santé (l'OMS commence à manifester quelque inquiétude, un peu tard !) comme pour l'environnement.
Certes, pour les pays producteurs (essentiellement Malaisie et Indonésie + Colombie, Nigéria, ... tous du tiers-monde évidemment), cela peut avoir l'air de rapporter de l'argent aux populations, mais ce n'est qu'un avantage bien faible et éphémère en comparaison des multiples dégâts qui rejaillissent sur elles. Et il ne s'agit pas là d'une préoccupation égoïste d'occidental écolo donneur de leçon, mais d'un drame pour leurs propres ressources sauvages et agricoles, leur environnement : inondations et glissements de terrains, perte d'espace pour les cultures vivrières, air étouffant et cancérigène,  on en passe et des meilleures. A cause des feux de forêt, l'air indonésien est irrespirable et ce petit pays est devenu le 3e producteur de CO2 de la planète. Selon le ministère des forêts indonésien, la superficie des plantations de palmiers à huile est passée de 120 000 hectares en 1968 à 5,5 millions d'hectares en 2004. (source : One Voice)
De plus, comme toujours, quelques investisseurs déclenchent des feux criminels sans tenir compte du désaccord des populations locales dont les appels au secours ne sont jamais relayés.
On prévoit que 98 % des forêts malaisiennes (ou de ce qu'il en reste après la mode des meubles exotiques) seront détruits d'ici à 2022 pour les palmeraies !



Un envahisseur qui ne laisse pas de répit :
1 produit sur 10 au supermarché en contient !
Même le bio, on en trouve absolument partout (encore une fois pour diminuer les coûts, pour aider à la "démocratisation" du bio... mais à quel prix ?).
Or, même non hydrogénée et issue de l'agriculture bio, cette graisse est pauvre sinon néfaste sur le plan nutritionnel, car elle est saturée, même non raffinée ou hydrogénée.
Et sachez que 20 % de la production passe dans... les cosmétiques !! Le fameux savon de Marseille, marque déposée, originairement à l'huile d'olive, aussi !!!!  Savons pour les mains, gels douches, etc etc, il s'agit d'un véritable envahissement.
Si l'on prend le temps de lire les ingrédients, c'est effarant, il y en a partout ! Surgelés, plats cuisinés, viennoiseries, biscuits, céréales, mayonnaises, margarines soit disant anti cholestérol (!!!), chocolats et barres chocolatées bas de gamme, crèmes glacées, pâtes à tartiner, mêmes soupes et laits pour bébé !!
Et bien sûr, il y a encore plus dans les marques discount. Une fois, sur un rayon entier de biscuits... je n'ai trouvé que 3 paquets sans ! Les traditionnels bretons pur beurre, certains LU. En gros.
C'est vraiment d'une ironie sans pareille, toutes ces personnes qui cherchent à préserver leur coeur et leurs artères, à chercher à diminuer leur mauvais cholestérol... alors que même les margarines végétales que l'on prend à la place du beurre en sont faites ! ça devient mission impossible !!
Seules solutions : manger le moins de produits transformés possible, traquer sa présence dans les étiquettes, et prendre le temps de chercher les produits qui en sont dépourvus pour leur devenir fidèles.
Exemple : la mayo Bénédicta en est pleine, la Maille non.
Et bien se dire qu'un peu de bon beurre vaut mieux que beaucoup de mauvaise huile !

Il s'agit de la pire des graisses saturées, la pire pour la santé (acides gras palmitiques). Pourquoi est-elle partout ? Parce qu'elle permet de donner de la longévité (rancit moins vite) et du moelleux au produit, à prix beaucoup moins élevé que le beurre ou d'autres huiles plus intéressantes nutritionnellement. Alors oui, les produits sont un peu moins chers, encore que... Mais il faut accepter l'idée, je crois, que bien manger, aujourd'hui, c'est éviter les aliments "low cost", rechercher la qualité, quitte à manger moins ! En cherchant à réduire les dépenses pour manger autant, on va vers les petits prix qui cachent bien des choses... car on ne fait pas du beurre avec de la palme, et les produits de qualité ne sont pas chers juste pour le plaisir !! Alors, plutôt une pômme bio que deux qui ne le sont pas, et un morceau de viande Label rouge par semaine plutôt que deux ou trois morceaux qui viennent d'une infecte batterie.

Alors par pitié, regardez les étiquettes et tentez de limiter les dégâts ! Il existe quand même encore des produits sans, si on se donne la peine de chercher. Il faut que le consommateur les valorise, et manifeste son mécontentement face à l'huile de palme ou de coprah. Vos artères et la planète vous remercieront.

Voici un blog sympa qui apporte de l'eau au moulin, une jolie démarche et quelques infos pratiques et précises (noms cachés de l'huile de palme, marques, etc.), par un étudiant en chimie.

http://vivresanshuiledepalme.blogspot.com/